Zoom sur les salaires dans la fonction RH


Par Aurélie Tachot | le vendredi 13 juillet 2018 | Conseil SIRH
Zoom sur les salaires dans la fonction RH

Evolutions technologiques, modifications législatives, nouveaux enjeux liés aux modes de travail… La fonction RH se complexifie. Sa rémunération est-elle à la hauteur de ses nouvelles missions ? Pas toujours. De manière globale, les salaires des professionnels RH évoluent peu. Zoom sur les niveaux de rémunération de cinq postes clés.

Responsable RH / HR Business Partner

Il y a encore quelques années, le responsable RH avait une approche « régalienne » de son métier. Ses missions étaient tournées vers l’administration de la fonction RH. « Aujourd’hui, on l’appelle HR Business Partner : il est partie prenante de l’efficience de l’entreprise », explique Jean-Pierre Baudinat, en charge des métiers des ressources humaines chez Robert Walters. Alors qu’avant, les entreprises embauchaient des profils issus de formations universitaires, elles s’orientent désormais vers des profils issus d’écoles de commerce, plus rares, donc mieux rémunérés. Suivant son secteur industriel et sa localisation géographique, un HR Business Partner touche entre 45 K€ et 50 K€ au début puis à partir de 55 K€ après cinq ans d’expérience. C’est légèrement plus qu’en 2017.

Directeur RH

La rémunération variable n’est plus l’attribut des professionnels de la vente. Non seulement les DRH peuvent se voir proposer un package de rémunération comprenant une partie fixe et variable, mais ils sont même de plus en plus nombreux à l’obtenir. « Auparavant, on attribuait au DRH des objectifs qualitatifs, non quantitatifs. Aujourd’hui, il est associé à la performance de l’entreprise. Sa rémunération variable est calculée en fonction de plusieurs KPIs dont le taux d’accident du travail, le nombre d’arrêts de travail, le taux de satisfaction qui ressort des enquêtes sociales, l’optimisation du budget alloué au recrutement… », décrypte Jean-Pierre Baudinat. Il est courant que la partie variable d’un DRH représente « entre 20 et 30 % de son salaire global ». Soit 40 K€ dans les grands groupes.

Responsable SIRH

La digitalisation de la fonction RH fait du responsable SIRH un expert de plus en plus recherché par les entreprises. Sa rémunération dépend de plusieurs facteurs dont son niveau d’expertise technologique. « Plus celui-ci sera élevé, plus sa rémunération sera tirée vers le haut », confirme Jean-Pierre Baudinat. Après cinq ans d’expérience, un responsable SIRH peut toucher entre 60 K€ et 75 K€ à Paris. C’est sensiblement la même chose qu’en 2017. Son salaire sera plus important s’il évolue dans un périmètre international, donc s’il a une maîtrise professionnelle de l’anglais. A noter que depuis que ce poste a été internalisé par les entreprises, ce sont les responsables paie qui sont les plus nombreux à le briguer ce poste.

Responsable paie

« Le métier de responsable paie est de plus en plus technique : ces professionnels font désormais du contrôle de gestion sociale, voire même de l’optimisation fiscale. Ils sont impactés par la dématérialisation, le prélèvement à la source, les évolutions législatives liées aux ordonnances Macron. La paie devant être juste, on note une reconnaissance des entreprises en matière de rémunérations », explique le consultant de chez Robert Walters. De manière globale, les salaires des responsables paie ont augmenté de 5 à 10 % en l’espace de cinq ans. Un profil débutant touche aujourd’hui entre 55 K€ et 75 K€ tandis qu’un profil expérimenté (plus de 12 ans d’expérience) peut espérer jusqu’à 90 K€, à Paris.

Responsable de la gestion des talents

Le talent management est une activité très stratégique pour les entreprises. Reste que, dans la réalité, il est complexe pour les responsables de la gestion des talents de valoriser leur savoir-faire. « Contrairement aux responsables RH tournés vers le talent acquisition, les professionnels du talent management ont des missions qui s’inscrivent dans la durée – former des collaborateurs, favoriser leur mobilité… –  donc qui sont plus difficiles à mesurer », souligne Jean-Pierre Baudinat. Les grands groupes du CAC40, qui ont notamment créé des campus ou des académies en ligne, l’ont bien compris et savent proposer des rémunérations en conséquence : à partir de 60 K€ pour un débutant.

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