Tribune - Lunchcruit : vous reprendrez bien un candidat au déjeuner ? par Isabelle Vrilliard


Le lundi 20 juillet 2015 | Test de recrutement
Tribune - Lunchcruit : vous reprendrez bien un candidat au déjeuner ? par Isabelle Vrilliard

Lunchruit revisite la pause déjeuner en session de recrutement informelle. En 4 mois, la société revendique 2 500 déjeuners organisés entre entreprises et candidats potentiels. Qui y-a-t-il au menu ?

Du networking informel

Le site web cible les talents des nouvelles technologies, développeurs, designers, chefs de produits et commerciaux. Des profils convoités parmi lesquels le bouche-à-oreille fonctionne vite. Aux Etats-Unis, les entreprises qui les emploient ont souvent adopté la formule du déjeuner offert aux salariés dans les locaux. Facile dans ces conditions d’accueillir des inconnus pour un lunch avec leurs pairs. Car c’est bien là le conseil majeur de Lunchcruit : la rencontre ne doit pas être un entretien d’embauche formel mais bien un moment d’échange entre professionnels. Lunchcruit l’écrit clairement aux candidats : “que vous soyez en recherche active ou simplement curieux de savoir sur quoi travaillent les autres, Lunchcruit est un super moyen de découvrir des entreprises autour de vous et de tisser des liens avec elles”. Veille concurrentielle et networking informel donc.

Les clients voient dans la démarche deux intérêts principaux : un nouveau ton dans la communication employeur et un gain de temps dans la sélection. Certains clients choisissent même d’organiser des déjeuners de groupe avec plusieurs candidats potentiels ; sorte de pré-qualification à moindre coût, afin de mieux cibler les candidats sur lesquels investir le temps que prend le processus de recrutement formel. Quant à la communication, pour 299$ par mois, les entreprises tentent d’attirer des nouveaux talents dans leurs locaux (ou au restaurant), en agitant le profil généreux et bienveillant du lunch gratuit.

Au networking plus personnel

Lunchcruit ne joue aucun rôle dans l’organisation des déjeuners, elle met simplement en relation candidats et entreprises ; sans revendiquer aucune innovation technologique, pas de mention de big data ni d’algorythme intelligent. Facile à reproduire. La nouveauté réside simplement dans l’état d’esprit. Lunchcruit sait qu’un réseau professionnel pourrait aisément lancer un service similaire entre ses membres, mais son fondateur William Hsu répond à propos de LinkedIn “quils sont concentrés sur des solutions business ayant pour but de rendre le recrutement plus efficace, mais aussi plus impersonnel. Nous sommes en train de faire exactement le contraire en construisant une marque dont le but est de créer des relations avec les candidats plus naturelles et plus personnelles”. Networking informel, personnel et naturel, donc. Point de tracking des recrutements pour le moment, un simple feedback des clients indiquerait “quelques dizaines de recrutements vérifiés” suite aux 2500 déjeuners.

Et combien de contacts qui pourraient déboucher un jour sur une collaboration ? Lunchcruit n’invente rien : chaque déjeuner professionnel peut se transformer en pré-sélection pour une éventuelle embauche, un jour, plus tard. Mais la conviction des fondateurs est que “cest désormais comme cela que la nouvelle génération veut chercher un emploi.

La nouvelle tendance du “sweatworking” pourrait leur donner raison. Dans les grandes villes américaines, on rencontre de plus en plus ses clients et partenaires de business lors d’un jogging ou dans des salles de sport, pour joindre l’utile à l’utile, le pro au perso.

A propos de l'auteur :
Isabelle Vrilliard a dirigé le site AVendreALouer.fr de 2011 à 2013, suite à un parcours exclusivement web à la tête des services marketing de Cadremploi.fr et ParuVendu.fr. Aujourd'hui expatriée en Floride, elle épluche les oranges et l'actualité de l'emploi en ligne américain.

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