Et si vous utilisiez les émotions en formation ?


Par Séverine Dégallaix | le mardi 29 mai 2018 | Social learning
Et si vous utilisiez les émotions en formation ?

Pour favoriser l’apprentissage des participants, il est possible d’utiliser leurs émotions. Mais durant une formation, vaut-il mieux susciter des émotions négatives ou positives ? Peuvent-elles être un catalyseur de mémorisation ? Eléments de réponse.

Toutes les émotions sont bonnes !

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les émotions suscitées par la formation sont toutes bonnes à prendre, y compris si elles sont négatives (le stress, l’angoisse…). « Pour un apprentissage où l’on doit retenir par cœur, comme des verbes irréguliers, les émotions négatives peuvent être efficaces. Elles permettent de mieux capter l’information », explique Raphaël Lauer, consultant-formateur chez SYDO. Les émotions positives (le plaisir, la motivation) prouvent, quant à elles, leur utilité dans un contexte d’apprentissage axé sur le raisonnement. Elles accentuent le niveau d’attention, jouent sur la confiance en soi, mais aussi sur la confiance dans le formateur et sa capacité à transmettre. Dans les deux cas, plus les émotions sont intenses, plus elles favorisent l’apprentissage, avant d’arriver à un seuil qui peut devenir bloquant.

Les bonnes conditions d’apprentissage

Pour s’assurer qu’une formation s’appuie sur les émotions de ses stagiaires, l’entreprise peut mener son enquête à partir des avis d’anciens participants : le formateur attise-t-il la curiosité pour jouer sur l’attention ? Utilise-t-il la répétition ? Se penche-t-il sur la motivation des participants afin de comprendre pourquoi ils sont là et donc aborder au mieux les thèmes pour les intéresser ? Des expériences ont prouvé que la dopamine, qui naît d’émotions positives, joue un rôle dans l’apprentissage de nouveaux concepts : il s’agit d’un ciment pour la mémorisation. C’est pourquoi il est important de mettre les formés dans de bonnes conditions. « De plus en plus, on propose des lieux atypiques et en cours de journée, des jeux qui n’ont rien à voir avec le thème abordé mais dont l’aspect récréatif permet de refocaliser l’attention. »

Les marqueurs : le rôle du formateur

Il faut rendre le formé le plus actif possible, le mettre dans une période de réflexion et alterner les médias et les supports. Le formateur est là pour créer des marqueurs et apporter une synthèse à la fin. « S’il est dynamique, les participants seront plus prompts à se souvenir de ce qu’il dit. Si, en revanche, il est désagréable ou fermé, il y aura aussi des marqueurs, mais liés à des émotions négatives, et les formés se souviendront plus de la forme que du fond.», explique Raphaël Lauer.

Quid de l’e-learning ?

« En matière d’émotions, une bonne formation présentielle sera toujours plus efficace qu’une formation à distance, parce que dans le premier cas, le formateur peut réagir en direct aux expressions et émotions », prévient le consultant. Pour autant, même par écran interposé, il est possible de jouer sur les émotions pour favoriser l’apprentissage. Des analyses réalisées par SYDO grâce à l’eyetracking de personnes formées à distance ont prouvé que certains supports pédagogiques étaient plus efficaces que d’autres. Ainsi, parce qu’il attise la curiosité, un dessin qui apparait au fur et à mesure retient davantage l’attention que s’il s’affiche directement complété. Et une vidéo dessinée provoque 4 fois plus d’émotions positives qu’une prise de vue.

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