Faute de candidats, les PME renoncent à recruter


Le jeudi 20 février 2014 | Site emploi généraliste
Faute de candidats, les PME renoncent à recruter - D.R.
En 2013, plus d’une PME sur trois a abandonné un projet de recrutement, d’après une enquête menée par Meteojob et Companeo. Alors qu’en France, le taux de chômage continue de grimper, les petites entreprises ne parviennent pas à dénicher les profils qui les intéressent et naviguent à vue en sous-effectif

C’est le monde à l’envers ! Tandis que le nombre de demandeurs d’emploi progresse, les PME peinent à attirer des candidats dans leurs filets. Une enquête réalisée par le jobboard Meteojob et la plateforme de mise en relation Companeo en décembre dernier auprès d’un panel de 772 chefs d’entreprises, commerçants, artisans et professions libérales de TPE ou PME, permet de prendre la mesure de cette tendance, qui est loin d’être nouvelle. L’an dernier, 37,4 % des entreprises interrogées ont abandonné un projet de recrutement en cours. L’incertitude économique et le manque de visibilité ne sont pas les seules raisons qui expliquent ce pourcentage. « Dans un cas sur six, le report du recrutement d’un nouveau collaborateur est dû à la difficulté à trouver le profil recherché », commente Philippe Dokès, directeur associé de Companeo.

Des contrats de travail plus souples ?

La typologie de candidats visée par ces structures de moins de 250 salariés, qui représentent 99,8 % des entreprises françaises, n’a pourtant rien d’inédit : leurs besoins se concentrent essentiellement sur des fonctions non pénuriques dans la production, le commerce et l’administration. L’une des conséquences de ce paradoxe, c’est que les PME se mettent en difficulté. « En 2013, un tiers des entreprises a déclaré être régulièrement en sous-effectif. Presque 40 % d’entre elles citent le coût du travail comme principal frein à l’embauche », décrypte Philippe Deljurie, co-fondateur de Meteojob. Denis Payre, président du mouvement Nous Citoyens, invoque une raison plus politique pour expliquer cette situation. « En France, signer un CDI est un engagement fort pour l’entreprise. Il est lui difficile de déboucler un contrat lorsqu’elle a une baisse d’activité sans risquer d’être emmenée aux Prud’hommes. Une grille permettant d’évaluer des indemnités de départ des salariés en fonction de leur ancienneté permettrait aux PME de signer plus de contrats », estime-t-il.

Les jobboards boudés par les PME

Même si elles remportent moins les faveurs des candidats que les groupes, les PME, qui embauchent près de la moitié de l’effectif salarié français, offrent pourtant de nombreuses opportunités d’emploi. En 2013, 34,7 % des entreprises sondées ont déclaré avoir recruté un ou plusieurs collaborateurs en CDI. L’année 2014 devrait être dans la même lignée puisqu’elles sont 32,3 % à vouloir renforcer leurs équipes par le biais du recrutement. Au total, « ce sont près de 2,5 millions de projets de recrutement qui devraient être concrétisés d’ici la fin de l’année », souligne Philippe Dokès. D’après l’étude, la cooptation, les candidatures spontanées et Pôle Emploi restent les principaux moyens utilisés par les PME pour recruter, loin devant les jobboards et les réseaux sociaux, à la peine.

Aurélie Tachot

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