« Avec l’arrivée des jeunes générations, les inégalités entre les hommes et les femmes se réduisent » Pierre Lamblin, Apec


Le lundi 10 mars 2014 | Site emploi cadres
"Avec l’arrivée des jeunes générations, les inégalités entre les hommes et les femmes se réduisent"  - D.R.
Une étude menée en 2013 par l’Apec révèle que les écarts de salaires entre les hommes et les femmes sont plus élevés en seconde partie de carrière. Pour autant, les comportements évoluent : les inégalités s’estompent à mesure que les nouvelles générations arrivent sur le marché de l’emploi, d’après Pierre Lamblin, directeur du département Etudes et Recherches

Comment évolue la proportion de femmes cadres ?

Les femmes représentent 36 % de l’effectif cadre. Leur part diminue progressivement avec l’âge : celles âgées de moins de 35 ans représentent 40 % tandis que celles de plus de 45 ans ne sont que 33 %. Cette différence s’explique par deux raisons : les jeunes femmes sont plus nombreuses à être diplômées de l’enseignement supérieur et leur accès au statut de cadre est plus important en début de carrière qu’auparavant. Les femmes et les hommes cadres n’occupent pas les mêmes fonctions : les premières occupent plus souvent des postes fonctionnels en gestion, finance, administration tandis que les seconds ont davantage des postes techniques en informatique et production.

Quelles autres différences s’intensifient avec l’âge ?

Avec l’âge, les écarts augmentent également au niveau des responsabilités exercées. A partir de 40 ans, la part des hommes cadres occupant un poste de responsable hiérarchique continue d’augmenter tandis que celle des femmes cadres stagne. Les postes à forte responsabilité sont donc encore majoritairement occupés par des hommes. Les écarts de salaires entre ces deux populations s’accentuent également en seconde partie de carrière, notamment à partir de 40 ans, où les rémunérations des femmes affichent un net ralentissement tandis que celles des hommes progressent.

Quels facteurs expliquent cette différence salariale ?

Les niveaux de responsabilité des postes occupés expliquent en partie les écarts de salaires en seconde partie de carrière. C’est aussi la dynamique de carrière des femmes qui est freinée, avec des interruptions et un recours plus important au temps partiel, principalement en raison de l’arrivée ou de la présence d’enfants. Les femmes cadres sont, par ailleurs, moins enclines à revendiquer une augmentation de salaire. Comparé aux hommes, elles vont moins sollicitées leurs responsables hiérarchiques. Toutefois, les comportements évoluent : les jeunes générations de femmes ont des pratiques différentes et grâce à elles, les inégalités se réduisent.

Quels rôles les professionnels RH peuvent-ils jouer ?

Dans des conditions fixées par la loi, l’employeur est tenu d’assurer, pour un même travail ou un travail de valeur égale, l’égalité de rémunération entre les hommes et les femmes et d’élaborer un rapport écrit sur la situation comparée des conditions générales d’emploi et de formation des femmes et des hommes dans l’entreprise. Les professionnels RH doivent s’assurer que leur société est en conformité avec la loi, tout en contribuant à réduire les inégalités au travers d’accords d’entreprise. Cela concerne tous les stades des processus RH : l’embauche, l’évolution professionnelle, l’accès à la formation. C’est un travail de longue haleine qui demande du temps et des moyens.

Propos recueillis par Aurélie Tachot

Pour obtenir des renseignements sur la 3e édition des Trophées APEC de l’égalité femme-homme, cliquez ici.

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