« La prochaine étape est de faire de l’analyse prédictive »


Le mercredi 28 août 2019 | SIRH SaaS
"La prochaine étape est de faire de l’analyse prédictive" - D.R.
Le 5 novembre 2018, le groupe américain Saba faisait l’acquisition de l’éditeur britannique Lumesse, jusqu’alors plutôt spécialisé dans le recrutement, afin d’élargir la couverture fonctionnelle de son logiciel RH. Aujourd’hui, la nouvelle entité commercialise une suite globale entièrement dédiée à la gestion du capital humain. Des synergies entre les deux éditeurs commencent seulement à être développées, comme l’explique Thibault de Lamarzelle, Country Sales Director France de Saba

 

Quelle est votre stratégie en matière d’urbanisation RH ? 

Notre suite HCM, disponible en mode SaaS, permet aux entreprises de digitaliser tous les points de contacts avec leurs talents actuels comme futurs. C’est une plateforme ouverte et nous souhaitons lui insuffler davantage de connectivité avec les solutions tierces du marché. Le marché des logiciels RH étant dynamique, il est difficile de concevoir qu’une entreprise se contentera, dans le futur, d’un SIRH unique développé par un seul éditeur. Notre stratégie est celle du « sans couture ». Nous avons développé une market place qui dispose de connecteurs préconfigurés permettant aux professionnels RH de connecter notre suite à leurs outils de prédilection : sites d’offres d’emploi, contenus de formations, classes virtuelles… Dans certains pays où nous sommes implantés, cette ouverture est une condition sine qua non : si nous n’étions pas interfacés avec l’application de messagerie instantanée WeChat, nous ne pourrions pas avoir de clients en Chine, par exemple. En France, notre suite s’interface par exemple avec easyRECrue pour les entretiens vidéos. 

Quels sont vos nouveaux objectifs ?

En 2018, le chiffre d’affaires consolidé de Saba et Lumesse a été de 300 millions de dollars, ce qui fait de notre groupe un leader en matière de gestion du capital humain parmi les éditeurs SaaS indépendants. Nous dénombrons 4000 clients, dont McDonald’s et Webhelp, que nous avons convaincu en 2018. D’ici le mois de juin 2019, nous allons redéfinir notre positionnement et développer davantage de synergies entre les solutions de Saba et de Lumesse. Quatre axes seront prioritaires : capitaliser sur la technologie pour rendre l’expérience plus simple et plus personnalisée, dans une logique de « people first », améliorer l’expérience vécue des utilisateurs en multipliant les programmes de co-construction avec nos clients, proposer une expérience plus « user-friendly » sur le device mobile. Cela sous-entendra de minimiser le nombre de formulaires à remplir, de saisie d’informations à réaliser… Enfin, nous souhaitons nouer des accords avec des acteurs du marché et injecter leurs technologies dans notre suite. Nous avons initié cette démarche en nous rapprochant, courant 2017, de Qlikview afin d’accélérer en matière de Business Intelligence.

Comment se traduisent les investissements que vous réalisez dans l’intelligence artificielle ? 

Cela fait déjà plusieurs années que nous avons intégré de l’intelligence artificielle et du machine learning dans notre suite HCM afin d’automatiser les tâches administratives à faible valeur ajoutée. Elle est notamment visible dans notre brique dédiée à la formation, sur notre plateforme LMS. Grâce à l’IA, nous suggérons des parcours pédagogiques adaptés aux attentes des apprenants, à leurs trajectoires professionnelles, à leur durée de connexion… Plus le système agrège de données sur le collaborateur, plus il est précis et pertinent dans ses recommandations. La prochaine étape est de faire de l’analyse prédictive, c’est-à-dire de calculer des KPIs de recrutement et faire des insights prédictifs. Lorsqu’une entreprise crée un poste et initie un cycle de recrutement avec une échéance précise, nous souhaitons pouvoir lui dire quel sera le volume de CV engrangés, afin qu’elle choisisse au mieux la période à laquelle un recrutement est opportun. 

Aurélie Tachot

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