« SAP et Oracle vont devoir clarifier leur stratégie par rapport aux lignes de produits », Amadou Ngom


Le vendredi 06 avril 2012 | SIRH SaaS

Quelles sont les conséquences des récents rachats de Taleo par Oracle et de SuccessFactors par SAP pour le marché des logiciels RH ? Faut-il craindre pour l’innovation ? Amadou Ngom, PDG de la SSII Des Systèmes et des Hommes  et spécialiste de ce marché, nous éclaire.


Pourquoi Oracle et SAP ont-ils opté pour de tels rachats ?

 

Ce mouvement de rachats - Taleo par Oracle et SuccessFactors par SAP- doit leur permettre d’être rapidement opérationnels sur le cloud. SAP avait un trou dans sa raquette et une image très loin du cloud, donc l’acquisition d’une solution, SuccessFactors, qui est tout de suite opérationnelle sur le cloud était un must. Du côté d’Oracle, les choses sont différentes dans la mesure où sa solution Fusion qui arrive sur le marché a été pensée pour fonctionner en cloud. Mais le rachat de Taleo permet de fournir aux clients une solution cloud immédiatement opérationnelle sur le recrutement. Ce sont donc deux mouvements intelligents.


Qu’en pensent les clients et quelles sont les conséquences pour eux ?

 

Ces opérations vont poser aux clients un dilemme en matière de cohabitation entre solutions SaaS et ERP. D’ailleurs, le grand défi qui attend les éditeurs consiste à clarifier leur position et leur stratégie par rapport aux lignes de produits. Qui fait quoi ? A qui doit-on s’adresser, pour quoi ? Oracle va devoir expliquer sa position par rapport à l’intégration de Taleo, l’arrivée de la solution Fusion et ce qu’il va advenir de ses lignes HCM historiques. Le problème est exactement le même pour SAP avec en plus l’apprentissage d’un modèle économique sur lequel il n’a pas beaucoup d’expérience.


Selon vous, le SaaS va-t-il finir par s’imposer ?

 

Les directions métiers ont le sentiment qu’en faisant du SaaS, elles ne font pas d’informatique, or elles se trompent. Plus vous mettez du SaaS, plus vous créez des problèmes informatiques : il faut assurer l’interopérabilité, la cohérence et la qualité des données. Donc le choix entre SaaS ou ERP va d’abord être celui de la direction informatique : quel est le coût d’acquisition et d’exploitation le plus faible ? Le système le plus sécurisé ? Il y a certaines situations pour lesquelles le cloud ne sera pas pertinent, d’autres pour lesquelles il s’impose. Je pense qu’on va continuer à voir une cohabitation entre SaaS et ERP.


Cette concentration d’acteurs peut-elle freiner l’innovation ?

 

Je ne le crois pas. D’abord, ce n’est pas parce que l’entreprise grossit qu’elle n’innove plus. Au contraire, elle devrait pouvoir consacrer plus de moyens à l’innovation. Par ailleurs, c’est un marché sur lequel il y aura toujours de nouveaux entrants et il reste, néanmoins, quelques acteurs indépendants. Je pense que le marché des SIRH n’a jamais cessé et ne cessera jamais d’innover parce que c’est la demande des clients.


Propos recueillis par Fiona Collienne


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