A quoi ressemblera le serious game de demain  ?


Le lundi 28 octobre 2013 | Serious game
A quoi ressemblera le serious game de demain  ? - D.R.

A l’occasion de la seconde édition du dernier Forum des Serious Games organisé par l’éditeur Daesign, un atelier dévoilait les dernières avancées technologiques en matière de pédagogie interactive. Compte-rendu des prometteuses évolutions qui marqueront le proche avenir des serious games.
   
Des jeux en mode SaaS

Jusqu’alors, Daesign avait recours à une technologie propre de simulation des dialogues nommée AVA. Une solution puissante, mais lourde technologiquement. L’éditeur a donc fait le choix d’Unity 3D, un logiciel 3D en temps réel, largement utilisé au niveau mondial pour la création de jeux vidéo. L’avantage ? La modularité. En somme, le jeu peut désormais être découpé en plusieurs briques, qui peuvent évoluer et s’enrichir au fil du temps. Double résultat : le client peut souscrire un abonnement où il ne paie que les modules qui sont effectivement joués. Par ailleurs, aucune installation n’est nécessaire puisque le jeu, plus léger, est désormais accessible directement sur Internet depuis n’importe quel poste connecté.

Vers la mobilité

PC, tablettes, smartphones, consoles de jeu…la technologie offre d’intéressantes possibilités pour décliner les serious games sur plusieurs types de plateformes, sans avoir à revoir intégralement le développement du jeu. Une évolution qui répond à la demande croissante des collaborateurs en matière d’accès mobile aux données professionnelles, notamment dans le cadre de leurs parcours de formation. Reste que tous les dispositifs mobiles sont difficilement adaptés au serious game. « Il existe des techniques adaptatives. Les jeux complets seront accessibles sur PC ; sur smartphone en revanche, les activités seront plus réduites » explique Alain Vo, directeur de Production chez Daesign.

Une approche multi-joueurs

Jusqu’alors, l’utilisateur d’un serious game jouait seul contre la machine. Bientôt, plusieurs joueurs pourront s’affronter à distance. Chaque collaborateur aura alors sa propre vision du jeu, dans lequel il pourra voir les autres personnages. Simple gadget ? Non, car ce détail ouvre de remarquables perspectives pédagogiques. Le groupe DCNS qui conçoit des systèmes navals militaires a justement développé un prototype de jeu multi-joueurs pour former ses chefs de projets et chefs de chantiers. « Il s’agit d’apprendre à un groupe à travailler ensemble, sachant que la réussite collective d’une équipe passe souvent par des échecs individuels » observe Guillaume Vichot, chef de projet formation chez DCNS. 

Une qualité « video game »

Alors que le développement d’un serious game peut aller jusqu’à 100K€, la conception d’un jeu vidéo se compte, lui, plutôt en millions. Pas étonnant que les serious games actuels puissent encore paraître faibles graphiquement au regard de leurs grands frères destinés au grand public. Le recours à de puissants moteurs 3D risque de bientôt changer la donne, permettant notamment la création d’univers graphiques sophistiqués et de vues à la première personne.

Une question demeure : comment les éditeurs de serious games traduiront-ils ces perspectives technologiques en innovations pédagogiques ? A suivre.

Gaëlle Fillion

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