e-RH au Cambodge  : état des lieux


Le mardi 11 juin 2013 | Réseaux Sociaux
e-RH au Cambodge : état des lieux - D.R.
Oubliez vos codes et vos repères, la notion de RH est encore très floue au Cambodge. En plein développement, le pays attire de plus en plus d’investisseurs étrangers. Méthodes de sourcing internationales et mœurs locales s’apprivoisent petit à petit.

Près de 70 % de la population a moins de 30 ans

« Ce sont des utilisateurs effrénés d’Internet et ils adorent les réseaux sociaux », constate Amaury de Saint Blanquat, cofondateur et dirigeant du cabinet RH St Blanquat & Associates, à Phnom Penh. Et cela se vérifie aussi au niveau professionnel : « 80 % des recrutements que nous faisons passent par LinkedIn, notamment pour les postes de middle management ou de supervisor, et Facebook, pour les postes d’assistanat ou encore de secrétariat. »

Attention cependant à ne pas généraliser. Si le Cambodge compte près de 15 millions d’habitants, plus de 80 % d’entre eux vivent en zone rurale. La majorité de la population n’a pas donc pas de connexion Internet à domicile. Chiffres et analyses concernent en fait principalement les deux plus grandes villes : Phnom Penh, la capitale, et Siem Reap, célèbre pour les temples d’Angkor et qui attire chaque année des millions de touristes. Le cabinet St Blanquat & Associates recrute d’ailleurs essentiellement dans le secteur de l’hôtellerie et du tourisme de luxe. Il est donc difficile de parler de RH au niveau national, d’autant plus que la majorité de la population ne poursuit pas d’études secondaires.

Quid des réseaux sociaux ?

Le Cambodge compte 739 000 utilisateurs de Facebook, ce qui le situe au 92ème rang mondial, entre la Slovénie et le Kazakstan. Et pour LinkedIn, les chiffres au Cambodge ne sont pas disponibles dans les statistiques par pays, peut-être encore trop faibles ? Ceci dit, un simple test suffit à se faire une idée : si vous recherchez un manager au Cambodge, 9000 candidats vous sont proposés. Un employeur qui veut recruter un manager à Phnom Penh aura donc l’embarras du choix, mais un recruteur de profils peu qualifiés en province ne pourra pas en dire autant. Rappelons que le taux de pénétration des réseaux sociaux est très faible : moins de 5 %.

Côté jobboards, les sites internationaux sont inexistants. Au moment de la rédaction de l’article, aucune offre au Cambodge sur Indeed ou CareerBuilder et un seul poste d’inspecteur qualité à Phnom Penh sur Monster. Il existe des sites locaux mais ils ne sont ni très professionnels, ni très structurés. Le plus important d’entre eux, Bong Thom, compte près de 300 offres à ce jour.  « Il y a beaucoup de sites d’emploi mais en fait peu d’annonces car ils se les aspirent les uns les autres, constate Amaury de Saint Blanquat. Vous retrouvez donc les mêmes offres partout. Nous avons très peu de retours sur les annonces postées. »

La Chambre de Commerce Franco-Cambodgienne organisera cet été sa 9ème édition du Forum des Carrières. « L’année dernière, plus de 50 entreprises étaient présentes et nous avons accueilli près de 18 000 visiteurs sur deux jours. Le seul site emploi à avoir un stand était Bong Thom », témoigne Daniel Zarba, Directeur de la CCF à Phnom Penh. A cette occasion, la CCF a eu une idée très « techno » pour affiner l’offre et la demande. « Un grand groupe nous a prêté des tablettes électroniques tandis qu’un autre partenaire nous a développé une application en forme de questionnaire pour les étudiants. Ils ont adoré !  »

Etant donnée la vitesse à laquelle le pays se développe, on peut sans grand risque penser que le recrutement via jobboards et réseaux sociaux va s’étendre et se professionnaliser très rapidement. Même si, aujourd’hui, le bouche à oreille et le réseau continuent à jouer un rôle fondamental.

Magali Morel

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