MOOC : et si on démêlait le vrai du faux ?


Par Aurélie Tachot | le lundi 19 novembre 2018 | MOOC
MOOC : et si on démêlait le vrai du faux ?

Depuis leur arrivée sur le marché de la formation au début des années 2010, les MOOC attisent la curiosité des professionnels de la formation. Ce format pédagogique, à qui le marché a d’emblée prêté beaucoup d’avantages, fait toutefois l’objet de beaucoup d’idées reçues. Démêlons le vrai du faux !

Le taux de complétion des MOOC est faible

Vrai et faux ! En moyenne, le taux de complétion des MOOC est compris entre 4 et 10 %. C’est extrêmement faible. C’est la raison pour laquelle les entreprises s’orientent plutôt vers des « Small Private Online Course » (SPOC). Ce format fonctionne sur le même modèle de cours à distance que le MOOC, sauf qu’il se destine à une cible restreinte dans l’entreprise : les managers, les ingénieurs informatiques, les conseillers de vente… Le degré d’intention des participants à l’inscription n’est donc pas le même. Les taux de complétion non plus : ils sont supérieurs à 80 % pour les SPOC.

Les MOOC ne sont pas efficaces

Vrai et faux ! Ce qui est sûr, c’est que les MOOC ne sont pas une solution miraculeuse. "Les MOOC se prêtent bien aux formations de « curiosité », d’ordre vocationnel : lorsqu’un salarié en finance souhaite suivre une formation sur l’histoire du rock n’roll, par exemple", explique Yannick Petit, fondateur de Unow. En d’autres termes, les MOOC sont efficaces pour se former sur un sujet passion décorrélé des enjeux professionnels. Ils le sont moins pour aider les apprenants à acquérir une compétence en lien avec leurs métiers : le management bienveillant, le marketing digital…

La clé d’un bon MOOC, c’est l’accompagnement

Vrai ! C’est cette dimension qui fait grimper ou non le taux de complétion d’un MOOC ou d’un SPOC. Puisqu’ils sont généralement restreints à une cinquantaine de participants, les SPOC offrent les accompagnements les plus personnalisés. "L’autonomie que requiert ce format pédagogique est complexe à gérer. Pour éviter le décrochage, il est primordial que chaque apprenant soit encadré par un expert. Le rôle de ce dernier est de maintenir un niveau d’engagement, en proposant des business cases, en corrigeant les livrables, en confiant des travaux d’approfondissement…", illustre-t-il.

Les MOOC s’adaptent à tous les besoins de formation

Faux ! Aucune modalité pédagogique ne s’adapte à tous les besoins. Les MOOC comme les SPOC ne font pas exception. "Les MOOC sont plus pertinents lorsqu’il s’agit de sensibiliser ou d’acculturer une population à un sujet que lorsqu’ils s’inscrivent dans un cadre de développement de compétences", précise Yannick Petit. Un groupe industriel prenant un virage stratégique a tout intérêt à se tourner vers un MOOC pour expliquer les nouveaux enjeux à ses collaborateurs. S’il souhaite développer les compétences de ses équipes, le SPOC et le blended learning seront plus adaptés.

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