«  Certaines agences de communication RH se moquent des intérêts de leurs clients  » Laurent Joseph, Compagnons de Cordée


Le mardi 22 janvier 2013 | Marque employeur
«  Certaines agences de communication RH se moquent des intérêts de leurs clients  » Laurent Joseph, Compagnons de Cordée - D.R.

N’allez pas dire au dirigeant de Compagnons de Cordée qu’il est à la tête d’une agence. Cette société créée en 2008 propose une nouvelle approche du conseil en communication RH pour optimiser le ROI des campagnes d’e-recrutement. Sa promesse : la transparence à tout prix. Afin d’œuvrer pour le seul intérêt des entreprises clientes comme il le prétend, le cabinet sépare en effet ses prestations de conseil et l’achat auprès des job-boards. Laurent Joseph nous explique sa démarche à rebours qui semble séduire entreprises qui y goûtent.

Quelles sont les pratiques que vous dénoncez sur le marché de l’e-recrutement ?

Il y a plus ou moins d’éthique dans les prestations de conseil délivrées par les agences de communication RH. Puisqu’elles ne sont pas soumises à la Loi Sapin (qui régule les opérations d’achat d’espace publicitaire, NDLR), certaines d’entre elles se rémunèrent soit à travers des honoraires invisibles, soit directement sur les propositions commerciales des job-boards. Elles préfèrent donc recommander les acteurs du marché susceptibles de leur rapporter le plus, en dépit des besoins réels de leurs clients. Agences et job-boards sont dans une logique de lobbying mutuel. Je  respecte toutefois certaines agences dont le travail est sérieux.

Quel est votre business model ?


Notre société de conseil est totalement indépendante. Elle a été pensée comme un tiers de conscience plus proche des DRH que des acteurs du marché de l’e-recrutement qui ne nous donnent pas 1 €. Les trois premières années, nous avons proposé des honoraires au forfait pour valider le modèle. Aujourd’hui, nous nous rémunérons sur les économies que nous faisons faire à nos clients. Car l’intérêt de l’entreprise, c’est toujours de recruter avec efficacité, au meilleur coût. Nous proposons également une revue de veille prospective trimestrielle conçue par des rédacteurs indépendants et des formations, sur le leadership par exemple.

Comment fonctionne votre équipe ?

Compagnons de Cordée porte bien son nom. L’entreprise réunit une douzaine de professionnels indépendants de haut niveau qui interviennent en mode projet. Ces experts peuvent être concurrents dans leur vie professionnelle, mais travaillent en intelligence collective pour Compagnons de Cordée, tous dans la même direction : c’est de la coo-pétition. En somme, on apporte les meilleures compétences pour créer un modèle qui n’existe pas ailleurs.

Qui sont vos clients ?

Nous avons une quinzaine de comptes dont TNT Express qui vient tout juste de renouveler son contrat avec une vraie satisfaction de notre rôle de conseil. Nous travaillons également pour l’Armée de Terre, qui recrute 12 000 collaborateurs par an, ou pour Une Pièce en Plus qui compte moins de 500 salariés. En fin d’année, nous avons signé plusieurs nouveaux comptes parmi lesquels Cégid, le groupe Casino ou EuroMaster. 2012 a été la plus belle année de la vie de Compagnons de Cordée. Jusque-là, nous étions volontairement restés discrets, le temps d’avoir des clients ambassadeurs. Pour 2013, je suis optimiste. Cela fait trois ans que nous mangeons du pain noir, mais désormais le marché est mûr. Le temps de notre développement est arrivé.

Quelles sont vos relations avec les job-boards ?


Plutôt pas mauvaises. Certains nous voient comme une menace, d’autres pas du tout. Ils sont parfois embarrassés car nous agissons dans une optique de redistribution des cartes. Le recruteur final, lui, ne comprend pas pourquoi il ne travaille pas avec tel ou tel acteur. Or il y a de plus en plus de sites, de niche ou pas, qui méritent d’être davantage considérés.

Gaelle Fillion

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