Risques psycho-sociaux : Comment agir pour mieux prévenir ?


Le mardi 16 septembre 2008 | Bien-être au travail
Risques psycho-sociaux : Comment agir pour mieux prévenir ?

Si personne aujourd’hui ne nie plus la réalité des risques psycho-sociaux ni les dégâts qu’ils occasionnent, les remèdes, eux, tardent à venir. Agir, oui, mais comment et sur quoi ?

Une enquête réalisée en 2007*, en dit long sur le désarroi des DRH : questionnés sur les freins aux changements, 63% mettent en avant la « difficulté à faire un diagnostic de la situation », 46% invoquent « l’absence d’expertise en interne pour mener des projets de prévention du mal-être en entreprise », et 45 % une « connaissance insuffisante des solutions disponibles », voire « l’absence de solutions reconnues comme efficaces »(37%)… Les outils, les experts et les rapports pourtant ne manquent pas. Le rapport Nasse-Legeron concernant « La détermination, la mesure et le suivi des risques psychosociaux au travail »** a été  remis en avril dernier au ministère du travail. Reste maintenant à traiter le mal à la racine.

Ecoutons les premiers concernés, les salariés : qu’est-ce qui est le plus important pour eux ? Les conditions de travail ! Ils étaient 51% en 2006, selon l’Anact, à les placer en tête devant même le niveau de rémunération. Et d’où vient essentiellement leur insatisfaction ? D’un manque de reconnaissance de leur travail (pour 46% d’entre-eux), de valorisation en terme d’évolution professionnelle (61%), de l’absence de dialogue, d’écoute***… Soit tout ce qui donne du sens au travail.

Et du plaisir! Ce qui révèle du même coup le principal point noir hexagonal : la qualité des relations de travail. Selon différentes enquêtes, la France est le pays développé où les relations professionnelles sont parmi les moins bonnes. Voilà donc le défi crucial que doivent désormais relever les entreprises : concilier leurs impératifs économiques et les aspirations de leurs salariés à une meilleure qualité de vie au travail. Autrement dit, miser sur l’humain. Et redécouvrir, comme le dit le Dr Philipe Rodet, que « le véritable capital de l’entreprise, c’est l’Homme ».

* Enquête menée par l’IFOP auprès de quelques 300 DRH représentatifs des entreprises françaises de plus de 250 salariés pour l’AGSE (Association pour la gestion de la santé en entreprise) et les groupes de protection sociale Médéric et Malakoff.

** Rapport établi par Patrick Légeron, psychiatre et directeur du cabinet Stimulus, et Philippe Nasse, ancien vice-président du Conseil de la concurrence. Avril 2008.

*** Extrait du sondage 2007 Anact/TNS Sofres auprès de 800 salariés.

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