Qu'en est-il aujourd'hui ?


Le mercredi 01 octobre 2008 | Logiciel RH
Qu'en est-il aujourd'hui ?

Réforme "urgente" demandée par la Cour des comptes le 1er octobre dernier, mise en place du DIF le 4 mai 2004, montée en flèche de l'e-learning : la formation professionnelle est aujourd'hui un secteur en pleine mutation. Quels sont les faits saillants du secteur ? Quelles en sont les tendances et les évolutions ? Voici quelques éléments de réponse :

 

Un marché "entreprises" de 10 milliards d'euros

 

La formation professionnelle en France pour les entreprises est aujourd'hui un marché atomisé de 10 milliards d'euros. Un secteur où près de 40 % des organismes appartiennent au champ privé. Une sphère de 3,6 milliards d'euros, riche de 70 000 entreprises. Mais seuls 9 000 de ces organismes ont la formation pour activité principale.

Sur l'ensemble de ces acteurs, on note, depuis deux ou trois ans, une différenciation de plus en plus marquée entre les organismes offrant des formations à forte valeur ajoutée et un marché de masse en expansion. « Les entreprises ont besoin de former des centaines de personnes à la fois. En même temps, avec l'internationalisation des marchés, la demande en compétences augmente et les formations à forte valeur ajoutée également » précise Jean Chaillet, directeur général adjoint de CSP Formation.

 

Deux phénomènes marquants

 

Apparu dans les années 2000, l'e-learning qui avait peu convaincu à ses débuts, revient en force depuis trois ans. Avec l'apparition d'un marché de masse, l'e-learning a su trouver sa voie. Un outil qui, en se réinventant ces dernières années, séduit de plus en plus les entreprises. Pour les formations axées sur les métiers ou les produits, ce système permet de former un nombre important de collaborateurs à moindre coût. Un outil qui aujourd'hui prend de plus en plus la forme du blended learning, alliant formation à distance et stages présentiels.

La venue du Droit Individuel à la Formation en 2004 a aussi fait évoluer le monde de la formation professionnelle. Ce crédit de 20 heures de formation par an n'a pour l'instant pas produit les effets escomptés. En 2007, seuls 3,6 % des salariés ont demandé à bénéficier de leur DIF. « En revanche, il est intéressant de noter qu'à l'heure actuelle, les personnes qui font une demande de formation dans le cadre du DIF, rencontrent en général un accueil favorable de la part de leur entreprise » constate Jean Chaillet.

 

De nouvelles formations

 

Historiquement, la formation professionnelle a toujours majoritairement porté sur les fondamentaux des métiers, notamment dans l'apprentissage des langues et la bureautique. Aujourd'hui, une nouvelle tendance se dessine. Le vieillissement de la population, le meilleur niveau des formations initiales et l'évolution constante des métiers génèrent de plus en plus de demandes concernant des formations liées au savoir-être. « Sous l'effet évident d'une pression qui s'accroît sur la rentabilité, l'efficacité et le résultat, les collaborateurs doivent de plus en plus apprendre à optimiser leurs comportements » illustre Bertrand Vinson, directeur général d'Art Création Communication.


Un phénomène particulièrement important pour toutes les fonctions managériales mais aussi pour tous les métiers de contact avec le public. Un besoin croissant de formations comportementales, à la limite du coaching, qui induit une autre évolution sur le marché. En matière de savoir-être, difficile en effet de mettre en place des formations de masse. Ce type de stage demande automatiquement davantage de personnalisation. « Nous allons vers des formations de plus en plus personnalisées mais également plus séquencées. En effet, en matière de comportement, tout est une question de réflexes et pour qu'une attitude devienne naturelle, immédiate, il faut des formations courtes et répétées dans le temps » ajoute Bertrand Vinson.

 

En constante évolution, le secteur de la formation professionnelle devrait connaître de nouveaux bouleversements d'ici la fin de l'année. Transférabilité du DIF d'une entreprise à une autre, regroupement des OPCA, modifications des règles de financement : la réforme de la formation professionnelle est aujourd'hui en gestation. Piloté par Pierre Ferracci, un groupe de travail réunissant l'Etat, les partenaires sociaux et les conseils régionaux, réfléchit actuellement aux grands axes de cette réforme. Un projet de loi devrait voir le jour d'ici la fin de cette année.  

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