"La coalescence sera une compétence clé de demain", Frank Bournois


Par Aurélie Tachot | le mercredi 21 novembre 2018 | GPEC
"La coalescence sera une compétence clé de demain", Frank Bournois

L'interdisciplinarité, la coalescence et le partage sont quelques unes des compétences que les talents de demain devront disposer, selon Frank Bournois. A l’occasion de l’événement Think RH, qui se déroulera le 29 novembre prochain à Paris, le directeur de l’ESCP Europe décryptera les résultats d’une étude internationale qu’il a menée en partenariat avec Netexplo Observatory. Et qui laisse augurer de grands bouleversements managériaux.

L’étude que vous avez menée sur l’évolution des talents à l’ère digitale nous propulse en 2030. A quoi ressemblera l’entreprise ?

Nous allons vivre, ces 10 prochaines années, plus de transformations que dans les 40 dernières années ! En 2030, l’entreprise sera encore plus engagée dans un monde numérique. Il y a 20 ans, nous considérions le digital comme un accessoire. Aujourd’hui, il impacte nos organisations de manière organique et structurelle. Il nous force à nous repenser. Or, ne pas le faire, c’est, in fine, prendre le risque de perdre en compétitivité. Après la mondialisation et le numérique, l’entreprise de 2030 rencontrera un nouvel enjeu : le développement durable. Ses produits et services devront absolument être acceptés par ses salariés et ses clients d’un point de vue sociétal.

Quelles seront les compétences de demain ?

L’interdisciplinarité sera un marqueur de compétences que nous retrouverons dans tous les services de l’entreprise. La finance devra, par exemple, mieux communiquer avec le marketing. Le partage est également une compétence qui prendra de l’ampleur. Aujourd’hui, certains modèles d’entreprises reposent sur des principes de gestion qui ont 50 ou 60 ans : une organisation hiérarchique, « découpante », en silo, avec une forte culture du pouvoir liée à l’information. Aujourd’hui, il est dépassé de considérer que celui qui a l’information est celui qui a le pouvoir. Les nouvelles technologies et la logique « d’open source » rendent l’information accessible à tous, partagée.

Votre étude voit également émerger la coalescence. En quoi consiste cette compétence ?

La coalescence est la capacité à grandir plus vite en étant ensemble. Dans l’entreprise, cette compétence aura de l’écho à l’avenir : les ressources seront partagées à plus grande échelle, à la fois à l’intérieur mais aussi à l’extérieur de l’entreprise. Les liens entre les grands services de l’entreprise ainsi que les centres de R&D, les universités, les organismes spécialisés vont s’intensifier, à l’échelle mondiale. Pour activer cette coalescence, les managers et les professionnels RH devront suivre quelques règles : arrêter d’être dans le contrôle avec ses collaborateurs, communiquer différemment. Et surtout, arrêter de prendre une ressource pour la mettre en intérieur, au risque de l’asphyxier.

Comment sensibilisez-vous les futurs talents à ces nouvelles formes managériales et organisationnelles ?

Lorsqu’ils sont en stage, en apprentissage ou en mission en entreprise, nous les incitons à participer aux processus de coopération établis, à s’inscrire dans une logique collaborative. Nous les encourageons également à regarder les organisations des start-up, qui ont d’ores et déjà casser les codes de l’entreprise traditionnelle, à considérer les nouvelles formes contractuelles qui émergent ou qui émergeront et qui pourraient, par exemple, être basées sur le principe de l’échange, du troc. Tous nos regards sont donc tournés vers ces managers et ces dirigeants de demain qui devront être exemplaires dans leurs propres changements de posture dans cette transformation de l’entreprise.

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