Verifdiploma s’impose en traquant les faux diplômes


Par Aurélie Tachot | le mardi 23 octobre 2018 | Gestion des candidatures
Verifdiploma s’impose en traquant les faux diplômes

La chasse aux CV mensongers fait rage depuis quelques années. Verifdiploma est passé maître en la matière. La société, créée en 2000 par le groupe Diploma, est en pleine phase de développement. Elle effectue, pour le compte de professionnels RH, 60 000 vérifications de CV par an en France et 12 000 à l’échelle internationale.

Les affaires de « faux diplômes » émaillent régulièrement l’actualité. Il y a un mois, la classe politique espagnole était secouée d’un scandale : la ministre de la santé Carmen Monton était rattrapée pour une affaire de manipulation de notes, lui ayant permis d’obtenir un diplôme. Une histoire loin d’être isolée. Selon Verifdiploma, 15 % des informations présentes sur un CV seraient inexactes. Le taux de faux diplômes serait, lui, d’environ 8 %. Pire : 3 % des candidats s’inventeraient un parcours académique. Pour aider les recruteurs à débusquer les tricheurs, Verifdiploma propose un service permettant de qualifier l’information avant l’embauche d’un candidat. Plus précisément : une plateforme digitale, disponible en marque blanche, connectée aux ATS, permettant à la fonction RH de faire des vérifications en ligne. Pour réaliser cette mission, la société met à disposition sa propre base de données, construite au gré de partenariats avec les grandes écoles (l’Essec, l’EM Lyon…), les universités (Paris Dauphine…), le réseau des IAE, des IUT… "En 2017, nous avons réalisé 60 000 vérifications en France et 12 000 à l’international grâce à notre base de données, qui dénombre 15 millions de diplômés", explique Emmanuel Chomarat, co-fondateur de Verifdiploma. Un volume qui explique que 70 % de ses vérifications sont réalisées dans un délai de 24 heures.

La France accuse un retard considérable

Malgré leurs enjeux en matière de recrutement – et les coûts d’une erreur de casting – les entreprises françaises semblent à la traîne en matière de vérifications de CV. "Partout dans le monde, le cadre légal impose d’avoir le consentement des candidats avant toute vérification de candidatures, par le biais d’une signature électronique. En France, il subsiste une grande frilosité sur ce point. Lorsqu’un recruteur demande l’accord d’un candidat, un sur deux le prend mal, voire refuse de donner son autorisation", commente Emmanuel Chomarat. Résultat : "nous travaillons de plus en plus avec des clients internationaux, notamment anglo-saxons, qui nous confient la vérification de CV pour les écoles françaises", précise-t-il. Parmi eux : des gros cabinets de chasse de tête, qui jugent la vérification de candidatures chronophage. La société, qui appartient au groupe Diploma, enregistre donc une croissance forte à l’international : elle y réalise 40 % de son chiffre d’affaires. Le secteur de la finance londonien la sollicite par exemple beaucoup. Verifdiploma, qui dénombre une quinzaine de collaborateurs, s’ouvre également à d’autres marchés que celui de la vérification de CV. Elle travaille notamment avec plusieurs gouvernements dont le gouvernement chinois pour le contrôle de dossiers administratifs liés aux visas, par exemple.

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