Les logiciels centrés sur le recrutement ont-ils encore un avenir ?


Le jeudi 30 septembre 2010 | Gestion des candidatures
Les logiciels centrés sur le recrutement ont-ils encore un avenir ?

StepStone Solutions, Taleo, Jobpartners ou encore R.Flex Progiciel, les fournisseurs de solutions de recrutement se diversifient. De plus en plus, leurs offres s’étoffent d’outils pour la gestion de la formation ou la GPEC. Le point sur les raisons de cette tendance.

C’est avant tout une question d’attente des clients. Lorsqu’ils font confiance à un prestataire pour le recrutement, ils aiment pouvoir faire appel à lui pour un ensemble de solutions. Cela simplifie les processus. Mais « c’est aussi une conséquence de la consolidation du marché. Certains éditeurs se développent au point de devenir des grands groupes qui s'emparent d'outils supplémentaires à travers leurs acquisitions successives», explique Eric Gellé, directeur général de Stepstone Solutions France.

Taleo a racheté Learn.com pour conquérir le marché de la formation, SuccessFactors s’est lancé dans les outils sociaux d’entreprise avec l’acquisition de CubeTree, StepStone Solutions a renforcé sa présence sur le marché du e-recrutement en s’appropriant MrTed… A grands renforts de rachats, les éditeurs étoffent donc leurs offres. Une évolution logique à l’heure de la GPEC et des obligations légales imposées aux entreprises. Les RH ont en effet besoin d’interfaces permettant de relier ensemble les informations concernant le recrutement, la formation, la gestion des talents, la mobilité interne… Disposer d’une unique solution favoriserait la liaison entre ces divers domaines. Eric Gellé estime d’ailleurs que « cette tendance va probablement se confirmer dans les mois et années à venir. »

Des résistants

Au milieu des rachats, des partenariats, du développement de nouvelles solutions et d’offres de plus en plus complètes, certains choisissent de rester spécialistes du recrutement. C’est par exemple le cas d’Otys. Yves Loiseau, directeur général d’Otys France, explique cette décision : « notre philosophie, c’est qu’il reste énormément de choses à faire rien que sur le marché du recrutement, notamment avec toutes les possibilités offertes par la connectivité et les nouvelles technologies. Nous sommes loin d’en avoir fait le tour et nous allons faire beaucoup de R&D dans ce domaine. » Le groupe Otys préfère donc continuer à développer l’offre qu’il maîtrise plutôt que de se lancer dans de la nouveauté. Car c’est aussi une question d’expertise, selon Yves Loiseau. « Nous proposons à la fois des logiciels et des bonnes pratiques. Une éventuelle diversification serait menée par nos compétences : quand nous maîtrisons le sujet, nous proposons l’offre correspondante à nos clients. Et pour le moment, c’est sur le recrutement que nous pouvons leur apporter le plus de valeur ajoutée. »

Il reste donc quelques rares spécialistes dans le paysage, mais au vu des dernières tendances, pourront-ils tenir tête aux géants du marché qui offrent des solutions de plus en plus intégrées ?

Séverine Dégallaix

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