360Learning boucle une levée de fonds de 41 millions de dollars


Le jeudi 18 avril 2019 | LMS
360Learning boucle une levée de fonds de 41 millions de dollars - D.R.

La start-up 360Learning, qui édite une plateforme LMS de « collaborative learning », annonce avoir levé 41 millions de dollars auprès de cinq fonds d’investissement dont Educapital, spécialisé dans l’EdTech. De quoi accompagner son expansion internationale, comme l’explique Nicolas Hernandez, CEO.

Comment s’est déroulée votre levée de fonds ? 

Depuis le lancement de notre « Learning Engagement Plateform » (LEP) en 2014, nous avons beaucoup travaillé sur le concept de « collaborative learning ». En France, nous avons le sentiment d'être le leader sur ce marché. Cette première phase atteinte, nous avons donc souhaité lever des fonds pour continuer à investir dans la R&D et accompagner notre développement à l’international. A l’occasion de ce tour de table - le deuxième depuis notre existence - nous avons levé 41 millions de dollars auprès de cinq investisseurs : Bpifrance (via son fonds Large Venture), HI Inov, Xange, Educapital et ISAI, qui avait déjà participé à notre première levée de fonds d’un million d’euros en 2014, avec 3T Capital. Ce tour de table, dont le montant est cohérent par rapport à notre effectif de 140 employés, nous permet d'équilibrer notre gouvernance. Chaque investisseur venant d’horizons différents. 

Avec quels arguments avez-vous convaincu ces fonds d’investissements ? 

Nos investisseurs ont été sensibles au concept de « collaborative learning », qui est devenu une tendance de fond en France. Grâce à notre travail d'évangélisation sur ce sujet, nous avons convaincu 1400 entreprises d’utiliser notre plateforme pour créer des formations. Dans l’Hexagone, sur notre marché, la phase de disruption est terminée et fait place à celle de la standardisation. Avec ce capital, nous allons pouvoir innover davantage sur le volet produit. Notre équipe dédiée à la R&D devrait doubler d’ici la fin de l’année. Par ailleurs, nous annoncerons plusieurs évolutions fonctionnelles dans les prochains mois. L’autre objectif, c’est de poursuivre le déploiement de notre offre en Amérique du Nord et en Angleterre, où nous sommes présents depuis un an. Aux États-Unis, le marché du learning est quasi-similaire à celui de la France. Le seul gap est culturel, c’est la raison pour laquelle nous avons choisi d’y installer des bureaux et de recruter une équipe américaine.

La collaboration rend-elle une formation plus efficace ? 

En matière de pédagogie, toutes les études académiques montrent que pour favoriser l’apprentissage, il faut des interactions, non pas avec un ordinateur, mais avec un humain. Nous sommes convaincus que l’e-learning est une modalité qui ne plaît pas aux apprenants : c’est « top-down » et aucune collaboration n’est possible. Une formation avec 360Learning, c’est des fiches, des documents, des vidéos… Il n’y a pas de surenchère graphique comme dans les serious games. Notre crédo, c’est de faire des contenus courts et simples, sans 3D ni gamification complexe. Surtout, nous facilitons la collaboration en proposant aux apprenants de donner leurs avis et de partager leurs réactions sur chaque contenu, via des icônes dédiées. Instagram a rendu la création et le partage de photographies simple et intuitif, ce qui a créé une vitalité et a fait exploser le partage de photographies. 360Learning entend faire pareil avec les contenus de formation. 

En quoi votre approche repense-t-elle le rôle du responsable formation ? 

Notre plateforme peut être utilisée par tous les salariés de l’entreprise, pas uniquement par le département formation. Son utilisation est donc horizontale. Les collaborateurs ayant des compétences uniques et une prédisposition à les transmettre deviennent des contributeurs actifs et visibles, ce qui améliore l’engagement de tous les apprenants. Par conséquence, le rôle du responsable formation se transforme : il devient le chef d’orchestre, en accompagnant ses experts métiers dans la création de contenus. C’est un rôle plus stratégique, qui va lui permettre de se concentrer davantage sur l’humain et d’aider son entreprise à devenir une organisation apprenante.

Aurélie Tachot

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