« Notre rachat par Wiley est une opportunité tant les synergies sont fortes », M. Ohana, CrossKnowledge


Le vendredi 23 mai 2014 | Gestion de la formation
"Notre rachat par Wiley est une opportunité tant les synergies sont fortes", M. Ohana, CrossKnowledg - D.R.
Quelques jours après le rachat de CrossKnowledge par la maison d’édition américaine John Wiley & Sons pour un montant de 175 millions de dollars, Mickaël Ohana, PDG du spécialiste du e-learning, révèle les coulisses d’une des plus grosses transactions du secteur des e-RH et dévoile les nouvelles ambitions du groupe

Pour quelles raisons CrossKnowledge et Wiley ont-ils décidé de se rapprocher ?

Cette alliance amicale ressemble à celle de Disney et des studios Pixar, en 2006, au cours de laquelle une entreprise jouissant de contenus de qualité a décidé de s’entourer d’une société digitale lui permettant de moderniser son catalogue de films. L’ambition de Wiley est la même : le groupe, qui dispose de contenus à haute valeur ajoutée et qui édite les ouvrages de recherche de la majorité des Prix Nobel, a souhaité investir dans les technologies développées par CrossKnowledge. Nos deux sociétés se sont enfin rapprochées pour que la vision - Learning for a better life - ait davantage d’impact sur le marché.

CrossKnowledge était engagé dans une bonne dynamique de croissance depuis plusieurs années. Pourquoi avez-vous choisi de revendre ?

En plus de compter parmi nos clients les plus grands groupes et les plus prestigieuses universités, nous enregistrons effectivement une croissance d’environ 30 % par an depuis plusieurs années. J’ignore si on peut aller jusqu’à dire qu’il aurait été difficile de refuser l’offre de Wiley. Toutefois, je pense que ce rapprochement est une opportunité tant les synergies sont fortes entre nos deux sociétés. Ce rachat nous est donc apparu comme la meilleure solution dans la mesure où CrossKnowledge avait le projet de poursuivre son développement et le déploiement de sa vision sur le marché international.
Certains acteurs regrettent que CrossKnowledge soit désormais sous le giron d’une entreprise américaine…

Que leur répondez-vous ?

Avant d’être racheté par Wiley, le groupe CrossKnowledge était déjà tourné vers l’international puisqu’il y effectuait 50 % de son chiffre d’affaires. Même si les co-fondateurs ont installé le siège social de l’entreprise en France, ils ont toujours eu une stratégie internationale. Nous avons d’ailleurs des filiales aux Etats-Unis, au Brésil, au Royaume-Uni, en Belgique… La France reste toutefois un point d’ancrage important puisque c’est là que se situe notre R&D. Par ailleurs, ce rapprochement démontre que les entrepreneurs français sont capables d’avoir une vision mondiale, ce qui est plutôt rassurant !

Qu’est-ce-que ce rachat va changer pour vos clients français ?

La structure de direction et les instances de décisions de CrossKnowledge vont rester inchangées. Même s’ils vont prendre des responsabilités au sein de Wiley, les associés vont continuer d’être aux commandes de CrossKnowledge. Nous allons progressivement mettre en place des synergies. Grâce à ce rapprochement, nos clients vont pouvoir bénéficier des contenus à haute valeur ajoutée de Wiley, notamment en matière de gestion des talents, une thématique qui est l’une de ses spécialités depuis son acquisition des solutions d’assessment de DISC et de Profiles International et que nous allons pouvoir toucher du doigt.

Quelles sont les nouvelles ambitions de CrossKnowledge ?

S’imposer plus massivement sur le marché ! Nous souhaitons nous positionner comme l’un des leaders mondiaux dans les domaines de l’éducation et de la gestion des talents en continuant à maîtriser nos technologies, nos contenus et nos services, aujourd’hui nécessaires pour permettre aux entreprises de valoriser leur capital humain. Il est encore trop tôt pour dévoiler nos objectifs en termes de chiffre d’affaires. Toutefois, il est clair que nous visons une croissance d’au moins 30 % en 2014 et nous prévoyons, grâce à Wiley, de renforcer notre présence géographique, notamment aux Etats-Unis et en Asie.

Aurélie Tachot

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