«  Aux Etats-Unis, de nombreuses directions de la formation deviennent des centres de profits  » Stéphane Pineau


Le mardi 08 octobre 2013 | Gestion de la formation
" Aux Etats-Unis, de nombreuses directions de la formation deviennent des centres de profits&nb - D.R.
Training Orchestra, le spécialiste de solutions intégrées de gestion de la formation est allé à la rencontre de ses clients américains lors du salon ASTD qui s’est tenu en mai dernier, aux Etats-Unis. Stéphane Pineau, CEO, revient sur les tendances fortes qui ont marqué cette grande rencontre dédiée au e-learning

Vous venez d’ouvrir un bureau à New York, vous recensez environ 250 clients internationaux… Comment avez-vous réussi à gagner vos lettres de noblesse à l’étranger ?

La formation étant très réglementée en France, nous avons acquis, au fil des années, une maturité fonctionnelle qui nous a permis de trouver notre place à l’échelle internationale. Celle-ci s’est confirmée lorsque nous avons intégré à nos solutions multilingues le multidevise et la mutliréglementation. Le développement des « corporate university » - 300 nouvelles chaque année - nous a également créé un appel d’air. En parallèle, nous avons développé des partenariats mondiaux avec des acteurs comme SumTotal, le leader mondial du marché des Learning Management Software (LMS). Nous avons conjointement créé un Learning & Training Management Software (LTMS), c’est-à-dire une solution unifiée globale qui gère l’e-learning comme le présentiel, les formations internes comme celles commercialisées à l’externe et qui prend en compte les spécificités locales des entreprises.

Vous avez assisté, il y a quelques semaines, au salon ASTD dédié à l’e-learning, à Dallas. Que retenez-vous de cet évènement ?

En premier lieu, j’ai constaté que dans le domaine du SIRH, l’Hexagone reste peu présent à l’international. La délégation française ne comptait que cinq français. Toutefois, les brésiliens ainsi que les coréens, qui misent de plus en plus sur la formation continue, étaient largement représentés. J’ai par ailleurs remarqué que les entreprises qui se sont internationalisées étaient de plus en plus enclines à gérer des budgets mondiaux et à piloter la formation de manière globale, en rationnalisant le mieux possible les coûts. De fait, certains acteurs se sont lancés sur le multidevise, par exemple. Toutefois, ces derniers sont souvent issus du monde du e-learning et manquent encore de maturité notamment dans leur approche, trop orientée vers les talents.

Quelles tendances semblent émerger outre-Atlantique ?

Aux Etats-Unis, de nombreuses directions de la formation deviennent des centres de profits et réunissent, sous leur coupe, leurs départements ainsi que des organismes de formation. Nous devrions voir cette tendance s’accélérer en France ces prochaines années. Par ailleurs, le marché de l’outsourcing de formation évolue et gagne en maturité. Les entreprises confient volontiers la gestion de leur formation à des pays proposant des bas coûts de main d’œuvre. Contrairement à la France, les Etats-Unis ont toutefois une vision plus individualisée de la formation. Ils bénéficient, certes, d’une avance sur la partie portail et e-learning, mais pas sur celle inhérente aux formations présentielles. Les éditeurs américains sont, par exemple, peu matures sur la gestion financière.

Aurélie Tachot

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