Et si les DRH s’inspiraient de la haute gastronomie ?


Par Aurélie Tachot | le jeudi 23 octobre 2014 | Externalisation RH
Et si les DRH s’inspiraient de la haute gastronomie ?

A l’occasion d’une soirée placée sous le signe de la transformation, l’éditeur ADP a réuni plusieurs personnalités venant de secteurs d’activité différents mais habités par une ambition commune : celle d’œuvrer en faveur de la performance de leurs équipes. Parmi eux, le chef étoilé Thierry Marx, qui a livré ses ingrédients pour pimenter une organisation.

Une pincée de renouveau

Pour réussir à relever les défis auxquels les entreprises sont aujourd’hui confrontées, il est important que les DRH explorent de nouveaux territoires et participent à ce mouvement complexe. "Les dirigeants doivent accepter d’être francs-tireurs, de faire bouger les rigidités, sans quoi, ils ne feront que dupliquer ce qui a déjà été fait", souligne le chef doublement étoilé Thierry Marx, au cours de la soirée organisée par ADP. En 1965, en intégrant de la couleur dans ses pages et, au début des années 2000, en se diversifiant dans l’événementiel et en faisant plusieurs acquisitions de sociétés, le groupe Le Télégramme, par le biais de sa DRH, a su embarquer ses équipes sur de nouveaux terrains de jeu. "Notre force, c’est que nous avions envie de changer et que nos collaborateurs ne cherchaient pas du confort, mais des challenges. Nous avons donc suscité leur adhésion en les invitant à se dépasser et à prendre des risques", explique Yves Bonnefoy, le directeur général adjoint.

Un zeste de lien humain

Thierry Marx ne connaît pas le droit à l’erreur. Et pour cause : "avec TripAdvisor, j’ai, à chaque service, 40 guides Michelin que je ne dois pas décevoir", précise-t-il. Pour garder la motivation de sa brigade aussi intacte que le premier jour, le chef prend le temps de créer du lien avec ses proches collaborateurs. Cela passe par des initiatives managériales favorisant une logique entrepreneuriale. "Je fédère mon équipe autour de la notion de projet, je transforme les rapports d’erreurs en rapport d’opportunités et je cherche des solutions avant des responsables." Grâce à la maturité des solutions technologiques, qui facilitent le quotidien des DRH, créer du lien est un défi qui est désormais à portée de main, d’après Stanislas de la Foye, directeur Stratégie et Marketing France d’ADP. "Maintenant que les RH rationnalisent leur fonction grâce à des fonctionnalités comme l’analytics, ils peuvent volontiers se concentrer sur l’humain et rapprocher les salariés au sein des équipes", assure-t-il.

Un nuage d’audace

Toutes les entreprises sont traversées par des ruptures digitales qui impactent leur modèle économique. La question est désormais de savoir comment revisiter les schémas en place et exercer des métiers aux contours renouvelés. "Les DRH doivent être partie prenante de cette transformation. On attend d’eux qu’ils soient transgressifs", explique Stanislas de la Foye. Un défi difficile à atteindre alors que les logiciels RH ont tendance à catégoriser chacune de leurs missions. Il n’empêche, Thierry Marx a foi en la fonction. "Auparavant, je pensais que les RH étaient proche du pouvoir. Maintenant que j’ai compris qui ils étaient, je suis persuadé qu’ils peuvent être vecteurs de la performance humaine", précise-t-il. Pour y parvenir, la fonction doit prendre des risques : recruter des profils non issus du sérail, dont les CV ne passent pas l’étape du tri automatique, oser la mixité sociale, valoriser les différences… Il n'empêche : "en cuisine, si on utilise de l’huile, ce n’est pas pour la jeter sur le feu", conclut le chef.

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