Talao permet la certification de CV dans la blockchain


Par Aurélie Tachot | le lundi 03 juin 2019 | Emploi sur mobile
Talao permet la certification de CV dans la blockchain

Permettre aux travailleurs de certifier leurs données professionnelles : c’est la promesse de Talao. La start-up a développé une application mobile basée sur la blockchain qui permet aux freelances – et bientôt aux salariés d’entreprises – de disposer d’un espace de stockage sécurisé pour certifier leurs expériences professionnelles, leurs compétences, leurs diplômes… Jusqu’ici, 500 CV ont été créés via l’application, comme l’indique Nicolas Muller, CEO de Talao.

Comment est née Talao ?

Avant de créer Talao en février 2018, mes associés et moi avons créé eMindHub, une plateforme mettant en relation des entreprises du secteur aéronautique avec des freelances. Au cours de cette expérience, nous avons pris conscience que la réputation des indépendants reposait leurs actifs, c’est-à-dire leurs clients. Or, cette réputation est le plus souvent verrouillée par la plateforme qui les met en valeur (LinkedIn, Malt…) et les informations qu’ils partagent ne sont pas vérifiées : elles se basent uniquement sur du déclaratif. La blockchain résout cette équation : elle permet aux freelances de se créer un profil, de partager les informations qu’ils souhaitent et de demander à des tiers d’émettre un certificat attestant leurs compétences, la réussite de leurs missions… Talao apporte simplement la couche applicative à ce processus, c’est-à-dire un protocole permettant aux utilisateurs de créer et certifier un CV dans la blockchain. Aujourd’hui, 500 CV ont déjà vu le jour via ce principe, notamment de freelances travaillant pour notre client Sopra Steria.

Comment cette application mobile fonctionne-t-elle ?

Notre application – appelée FreeDApp – est basée sur la blockchain publique Ethereum, qui est une technologie de stockage et de transmission d’informations transparente, sécurisée et fonctionnant sans organe central de contrôle. Concrètement, grâce à Talao, les utilisateurs créent, sur la blockchain, leur propre espace de stockage et de partage de leurs données professionnelles : identité, formations, diplômes, compétences… Cet espace leur appartient intégralement : ils peuvent crypter certaines informations pour des raisons de confidentialité, choisir quelles données partager avec qui… L’intérêt, c’est qu’ils peuvent associer, à chacune de leurs expériences, un certificat infalsifiable qui vient prouver leur authenticité. Ces certificats peuvent être émis par des écoles, des universités, des employeurs, des clients … Cet espace en ligne peut ensuite être partagé sur un profil LinkedIn ou sur tout autre support digital, via un lien URL.

S’adresse-t-elle uniquement aux freelances ?

Nous souhaitons ouvrir peu à peu notre outil aux salariés d’entreprises puisque, comme les freelances, ils sont mobiles et volatiles. Il nous faut toutefois convaincre les professionnels RH, qui voient pour l’instant notre application comme un outil qui va encourager leurs salariés à quitter l’entreprise. Pour attirer et fidéliser les meilleurs talents, nous estimons au contraire que les entreprises ont tout intérêt à les accompagner dans leurs mobilités et dans la construction de leur réputation professionnelle. Nous sommes d’ailleurs convaincus que notre application peut notamment les aider à valoriser leur marque employeur. Dans cette optique, notre ambition est de tisser des partenariats avec des éditeurs de logiciels RH, afin de faciliter l’intégration de notre application, ainsi qu’avec des acteurs émettant des certificats dans la vérification d’identité ou de diplômes, par exemple. 

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