RH, finance, planification : Workday France élargit son périmètre pour piloter l’entreprise


Par Philippe GUERRIER | le jeudi 05 mars 2020 | Core RH
Equipe Workday: Jérôme Froment-Curtil, Pierre Gousset et François Cadillon - D.R.
La branche française de Workday veut pousser un système unique pour devenir le centre névralgique de l’entreprise. Le point avec trois dirigeants français de l’éditeur américain.

Comment dépasser l’espace RH pour devenir encore plus indispensable en entreprise ? Workday, le fournisseur de solutions technologiques d’origine californienne créé en 2005 par Dave Duffield et Aneel Bhusri (deux anciens de PeopleSoft), travaille ardemment sur ce thème pour adopter un profil d’ERP financier.
En passant le cap des 15 ans d’activité, le fournisseur de solutions technologiques en mode SaaS veut pousser « un système unique pour piloter la finance, les RH et la planification en entreprise », évoque François Cadillon, directeur Workday pour la zone de l’Europe continentale. Ainsi, la commercialisation de Workday Financial Management (offre de gestion financière) a démarrée en France dès 2017.

A la recherche d’un ERP alternatif et plus agile

Le 26 février (la veille de la publication des résultats annuels de la société technologique cotée sur le Nasdaq), François Cadillon a organisé à Paris un point presse avec un autre manager également récemment nommé : Jérôme Froment-Curtil, directeur général de Workday France. « Nous nous appuyons sur le succès rencontré par nos solutions RH pour mettre en avant celles dédiées à la gestion financière », déclare ce dernier. 
Pour cette mutation en fournisseur de solutions de planification financière (type ERP financier), Workday a acquis Adaptative Insights (planification budgétaire) en 2018 et RFP Scout (gestion des achats et des appels d’offres) en 2019.
« Un bon nombre de nos prospects à la recherche d’une alternative d’une solution ERP traditionnelle, poussés par la volonté de désimbriquer ou de ré-inventer leurs systèmes d’information avec une démarche d’agilité. Ils souhaitent aussi refondre leur ERP autour de fonctions de supports supports finances et RH », déclare Pierre Gousset, vice-président EMEA de Workday, qui est également intervenu lors de ce point presse.
En élargissant les fonctionnalités et les modules de sa plateforme cloud disponible en 30 langues vers la gestion des talents et la performance financière, Workday élargit le spectre de ses interlocuteurs potentiels en entreprise : DAF, DRH mais aussi DSI et CDO jusqu’à la direction générale.
Actuellement, Workday France compte 138 collaborateurs (contre 50 en mars 2017) pour gérer la partie commerciale et les fonctions support. Une vingtaine de créations de postes sont prévues en 2020.
Une grande partie du business est confié à des intégrateurs partenaires comme HR Path ou Mercer-everBe en France mais l’éditeur se montre assidu sur le suivi des projets de déploiement par des tiers, en guise de contrôle de qualité de service.
Pour héberger les données de ses entreprises clients européens, l’éditeur dispose de deux datacenters localisés entre Dublin (Irlande) et Amsterdam (Pays-Bas).

500 clients en Europe

Les résultats financiers, publiés le 27 février, montrent un certain dynamisme avec un chiffre d’affaires à 3,6 milliards de dollars pour son exercice 2020, en hausse de 28,5 % par rapport à 2019. En Bourse, elle frôle la barre des 40 milliards de dollars de valorisation. Workday revendique 3000 entreprises clientes dans le monde, dont 500 en Europe. Soit une base de 40 millions d’utilisateurs dans le monde.
La zone européenne est présentée comme un « vecteur de croissance » tandis que la France est perçue comme un « marché stratégique » avec des références clients multi-sectorielles importantes comme Club Med, Mazars, Thales, Foncia, Veolia, Orange ou Criteo. Dans le courant de l’été 2019, un client grand compte du secteur des sciences de la vie a été remporté.
Les grandes entreprises font l’objet d’une attention particulière mais Workday laisse une porte d’entrée aux entreprises en forte croissance du numérique comme BlaBlaCar ou Doctolib. « Nous avons cinq clients dans le Next40 [classement des 40 sociétés numériques les plus prometteuses en France] », explique Jérôme Froment-Curtil.
Au niveau monde, l’éditeur a instauré en 2018 un fond d’investissement de 250 millions de dollars pour accompagner des start-up ou des sociétés technologiques en fort développement qui évoluent en périphérie de ses activités centrales. 21 acteurs figurent dans le portefeuille mais on n’y trouve pas de jeunes pousses françaises.

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