"Il n’existe pas encore de suite SIRH SaaS complète" Pedro Montoya


Le vendredi 27 juillet 2012 | Conseil SIRH
"Il n’existe pas encore de suite SIRH SaaS complète" Pedro Montoya

Créée il y a 12 ans, la division RH du cabinet de conseil Logica est en expansion. Comptant 45 consultants en France, elle conseille les professionnels RH, pour leur organisation et leurs solutions technologiques, aussi bien dans les grands comptes que dans les PME internationales. 

Pedro Montoya, le fondateur de cette division RH, est un observateur privilégié des tendances du secteur des SIRH. Pour nous, il revient sur les profonds changements qui ont animé ce marché ces derniers mois. 

Quels sont vos principaux domaines d’intervention ?

D’une part, nous conseillons les entreprises sur leur organisation RH à travers la création de CSP (Centre de Services Partagés), et l’externalisation de certains process. Nous intervenons aussi en conseil pour la création et l’animation d’une Université interne et sur les questions de gouvernance du SIRH.

D’autre part, nous accompagnons les RH dans les transformations de leur process. Cela passe par la redéfinition des politiques RH, l’aide au choix des solutions et la mise en œuvre et le déploiement de l’outil technologique retenu.

Quels sont vos points forts ?

Nous travaillons avec tous les éditeurs. Cela permet d’être totalement indépendants dans nos recommandations et de bien connaître toutes les solutions du marché.

Nous sommes ensuite présents aux côtés de l’entreprise tout au long du projet. Nous avons ainsi des retours d’expériences très intéressants sur les déploiements des différents outils, retours dont bien entendu nous tenons compte dans nos recommandations suivantes.

Logica regroupe enfin 40 000 collaborateurs dans 40 pays. Cela permet d’avoir accès à un vivier d’experts très riche. Si nous travaillons avec un client sur un projet de planification des temps, nous pouvons solliciter un expert Logica sur cette problématique. De plus, pour les déploiements à l’international, nos avons des équipes en place de façon permanente. Un vrai plus pour l’accompagnement de nos clients.

Quelle est votre analyse de la vague de rachats sur le marché des logiciels RH ?

Les montants sont impressionnants. Nous parlons pour certaines acquisitions de montants supérieurs au milliard de dollars !

Pour nos clients utilisant des outils SaaS depuis plusieurs années, ces rachats d’acteurs SaaS par des ERP sont rassurants. Cela montre que le SaaS n’est pas un phénomène de mode. De plus, pour les entreprises utilisant des outils SaaS et des ERP, elles n’auront plus à se préoccuper de la question toujours délicate des passerelles de transferts de données. Cette responsabilité passe dans les mains des éditeurs. A Oracle d’assurer, par exemple, les passerelles entre Taleo et ses autres solutions.

Tous les process RH seront-ils gérés par des outils SaaS ?

Nous n’en sommes pas là, pas encore du moins. Trois domaines des RH ont été au départ couverts par des solutions SaaS : le recrutement, la formation et la gestion des talents. Les éditeurs historiques travaillent depuis à sortir de leur niche et à étendre leurs offres, soit par des acquisitions tel SuccessFactors qui achète Plateau, soit par des développements internes comme les nouveaux modules de Cornerstone.

Aujourd’hui ces solutions couvrent un large périmètre mais nous n’avons pas encore de suite SIRH SaaS complète, avec une expérience utilisateur unique, une intégration de tous les process RH. La gestion de la paie, la rémunération, la politique salariale sont encore des domaines peu touchés par le SaaS.

Quel est le principal défi pour les RH aujourd’hui ?

Le choix de l’outil reste bien sûr important, mais le principal enjeu est de changer la façon de mener un projet SIRH.

Trop souvent encore, les projets SaaS sont pilotés comme l’étaient les projets ERP. Or, la donne a changé. Les outils SaaS ont leurs limites... Il faut en tenir compte dès la phase de définition des besoins.

La phase de déploiement d’une solution SaaS est certes plus rapide qu’avec un ERP mais la phase de préparation se doit d‘être plus longue. Il faut changer les habitudes pour que les projets se déroulent très bien par la suite.

Que pensez-vous des nouvelles fonctionnalités comme l’intégration avec les réseaux sociaux, les applications mobiles ?

Il faut se méfier des effets de buzz. La course à l’innovation est permanente entre les éditeurs mais il ne faut pas trop s’éloigner de la réalité des utilisateurs. Un exemple ? Des éditeurs de solution de formation LMS poussent le social learning alors que le DIF n’est pas toujours bien traité.

Dans la même veine, les applications mobiles sont utiles… surtout pour les professionnels nomades comme les managers. Pour les RH, certaines opérations nécessitent de se poser. Un RH sera plus à l’aise pour rédiger son feedback sur un entretien annuel à son poste derrière son ordinateur que sur son smartphone dans le métro. Il faut toujours adapter les nouveautés technologiques aux besoins réels des utilisateurs.

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