Gestion de la paie  : la France, championne de la complexité


Le mercredi 05 février 2014 | Conseil paie
Gestion de la paie : la France, championne de la complexité - D.R.
D’après une étude mondiale menée par NGA Human Resources, la France est le pays où les difficultés associées à la gestion de la paie sont les plus importantes. Les principales raisons ? La lourdeur de la législation française et l’organisation trop complexe de la Sécurité Sociale

C’est une médaille dont la France se serait bien passée ! Une enquête menée en mai 2013 par la société NGA Human Resources auprès de 732 sondés répartis dans 35 pays révèle que l’Hexagone est le pays où le niveau de difficulté de la gestion de la paie est le plus élevé. Intitulée « Payroll Complexity Index », l’étude a passé au crible les législations en vigueur concernant les taxes, les avantages sociaux, les réglementations spécifiques à certaines industries, l’impact du corps syndical et les modalités du calcul du salaire brut à net. Résultat : la France se hisse à la première place du Top 10, devant l’Italie, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Belgique, l’Inde, les Etats-Unis, le Luxembourg, l’Espagne puis la Nouvelle Zélande.

Un casse-tête pour les gestionnaires

L’organisation de la Sécurité Sociale, qui collecte certaines parties des revenus à travers différents organismes, complexifie la tâche des gestionnaires de paie. Pour Christine Allais, payroll manager senior au sein de NGA Human Resources, le classement de la France s’explique également par la complexité de sa législation sociale et fiscale. « La paie française est dictée par des règles de calcul qui, elles mêmes, varient en fonction de plusieurs critères : les statuts des salariés (ouvriers, employés, agents de maîtrise…), leur âge et leur degré d’ancienneté, la périodicité de leur paie (mensuelle ou décalée), les cotisations sociales retenues sur les salaires… », précise-t-elle. S’ajoute à cela, un flot de mises à jour qui alourdit davantage les process. « Chaque début d’année, le plafond de la sécurité sociale est réévalué par le gouvernement. La garantie minimale de points, qui permet aux cadres et assimilés de bénéficier d’un minimum de points de retraite complémentaire par an, est mise à jour en avril de chaque année, avec une rétroactivité dès le mois de janvier », illustre Christine Allais. Les taux de cotisations (taux de vieillesse, taux d’assujettissement de transport, taux d’accident du travail…) évoluent, eux aussi, plusieurs fois par an en fonction des caisses. Enfin, les décisions gouvernementales prises en 2013 et concernant la majoration des cotisations chômage dans le cadre d’une embauche en CDD et l’embauche des jeunes de moins de 26 ans en CDI n’ont pas facilité le quotidien des gestionnaires de paie.

L’externalisation, une solution ?

L’étude de NGA Human Resources révèle que les pays d’Europe occidentale sont ceux où les processus de gestion de paie sont les plus complexes. Malgré un effort d’harmonisation du cadre réglementaire européen, les législations propres à chaque territoire manquent d’homogénéité. En France, pour réussir à appréhender ce marasme administratif, les entreprises ont deux options : externaliser leur activité paie dans un centre de service partagé ou s’outiller d’un logiciel de gestion puissant. « L’enjeu est aujourd’hui de sécuriser ses processus. Certains outils logiciels combinent une fiabilité dans la gestion des données et une simplicité d’utilisation. Il est possible de les compléter avec des outils faisant des contrôles supplémentaires sur la partie paie », conclut Christine Allais.

Aurélie Tachot

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