Karma recrute un intérimaire en 17 minutes


Le mardi 23 juillet 2019 | Cabinet de recrutement / intérim
Karma recrute un intérimaire en 17 minutes - D.R.

 

Bruce, Iziwork, Staffmatch… les nouveaux acteurs qui entendent dynamiter l’intérim traditionnel se multiplient. Filiale du groupe Kobaltt, la start-up Karma, lancée sur ce segment fin 2018, promet aux employeurs de trouver un intérimaire et de contractualiser sa mission en un temps record, grâce à une application mobile gratuite de type « site de rencontre », qui dématérialise et automatise le processus.

Contrairement à son grand frère Kolbaltt, spécialisé sur les profils middle et top management, Karma a pris le parti de se focaliser sur les emplois peu qualifiés. Dans le viseur de cette nouvelle société d’intérim : le marché transport/logistique, l’hôtellerie ou le BTP. « Des secteurs où il n’est pas forcément nécessaire de rencontrer les candidats », résume Snoussi Badji, directeur des ventes de Karma.

Pas de CV, un profil

Une fois le plan de mission d’intérim saisi directement sur l’application mobile, le recruteur reçoit plusieurs profils de candidats disponibles dans le périmètre géographique défini, shortlistés automatiquement par un algorithme de matching. Les compétences clés, comme la détention d’un permis spécifique pour les caristes par exemple, a été préalablement vérifiée par les équipes de Karma lors de l’inscription du candidat. Dès lors que l’intérimaire sélectionné accepte la mission depuis son téléphone, le contrat de travail est généré automatiquement et transmis pour signature électronique aux trois parties (puisque Karma reste l’employeur). C’est aussi via l’application que le client valide les bordereaux d’heures, suit sa ‘consommation mensuelle’ sur un tableau de bord, reçoit sa facture dématérialisée, etc.

Si tout s’enchaîne sans accroc, « l’entreprise peut recevoir une confirmation en 17 minutes, en moyenne », assure Karma. Faut-il encore que les documents légaux aient été vérifiés par les équipes Karma - ou, autrement dit, que le candidat ait déjà réalisé une mission. Et que toutes les parties prenantes soient hyper réactives pour répondre. Karma, qui a fait une campagne dans le métro parisien à son lancement aurait 40 000 profils en base et s’appuie sur la force de frappe des 15 bureaux régionaux du réseau Kobaltt.

« 2000 missions déjà pourvues »

Outre l’automatisation du processus de contractualisation, qu’est-ce qui distingue Karma des autres acteurs de l’intérim digital ? « On est dans le métier de l’intérim depuis 18 ans avec Kobaltt. On connaît les contraintes des recruteurs. Les process gérés par l’appli diffèrent selon que la mission est à pourvoir dans l’hôtellerie ou la logistique par exemple », indique Snoussi Badji. Discret sur ses clients grands comptes, Karma aurait notamment signé un contrat cadre avec un acteur important de la restauration, et vise un chiffre d’affaires de 2.5 millions pour sa première année. Autre argument de différenciation : Karma n’est pas un jobboard. « C’est toujours l’entreprise qui choisit ses candidats. On ne diffuse pas les offres d’emploi publiquement », ajoute-t-il. Côté tarif, les coefficients d’intérim pratiqués par Karma sont « moins élevés que Kobaltt mais n’ont pas vocation à casser les prix du marché », conclut le dirigeant. Car la promesse n° 1 de Karma, c’est plutôt sa capacité à recruter dans l’urgence.

 

Gaëlle Fillion

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