Les cinq enseignements de l’enquête Demos sur les responsables formation


Par Aurélie Tahot | le jeudi 02 octobre 2014 | Digital Learning
Les cinq enseignements de l’enquête Demos sur les responsables formation

Une enquête réalisée par l’organisme Demos entre juin et septembre auprès de 107 responsables formation donne une photographie précise du métier, de ses pratiques professionnelles et de ses attentes en matière d’évolution. Tour d’horizon des cinq principaux enseignements de cette étude.

Les budgets formations se réduisent

L’an dernier, l’idée selon laquelle les budgets alloués à la formation étaient fortement impactés par les restrictions budgétaires ne se vérifiait pas. Cette année, le tableau est moins rose : les déclarations des sondés font état d’une diminution des moyens. En 2013, 35 % estimaient que leurs budgets étaient en hausse sur les trois dernières années. Ils ne sont plus que 23,1 % à le penser aujourd’hui. Cette année, plus d’un tiers affirme que ces moyens sont même en baisse, contre 21 % un an plus tôt. Denis Reymond, directeur des practices management et RH chez Demos, reste toutefois optimiste. "En 2014, 41,7 % déclarent que leurs budgets sont stables, ce qui prouve que la formation va d’une logique de dépense à une logique d’investissement", rassure-t-il.

La mesure de l’impact des formations émerge

A la question "Quels sont les projets innovants que vous souhaiteriez conduire ?", 40,2 % des responsables formations estiment que le développement d’un outil de mesure de l’évaluation de la formation est un chantier prioritaire. "Ils peinent à trouver des solutions pragmatiques pour mettre en œuvre cette intention, que l’arrivée de la réforme a remis sur la table en supprimant l’obligation de dépense de 0,9 % des entreprises de plus de 300 salariés au titre du plan de formation et en instaurant la notion d’efficacité de la formation, qui reste encore à définir", commente l’expert. Encouragés par leurs nouvelles obligations, les répondants cherchent donc à connaître l’impact de leurs formations sur l’activité de l’entreprise, que seuls des outils d’évaluation peuvent mesurer.

La digitalisation des dispositifs reste une préoccupation

Autre chantier prioritaire : la digitalisation des dispositifs de formation (y compris le présentiel), citée par 22,4 % des sondés. Une préoccupation qui semble s’inscrire dans la durée… "La terminologie de digitalisation est encore récente pour les responsables formation. Même si le secteur assiste à l’avènement des MOOC, des serious games, des vidéocasts et des formations via les réseaux sociaux d’entreprises, les sondés ne cèdent pas aux effets de mode. Leurs préoccupations concernent encore la manière dont ils peuvent inclure une culture digitale dans leurs différents dispositifs de formation", explique Denis Reymond, soulignant ainsi le décalage entre les éditeurs du marché et les besoins formulés par les entreprises.

Le blended-learning peine à s’imposer

La précédente enquête de Demos soulignait le décalage entre le niveau d’utilisation du e-learning, très faible, et les intentions d’y recourir à l’avenir, très élevées. Un an après, force est de constater que les entreprises ne sont pas passées des paroles aux actes. Pour 77,8 % des sondés, la part des formations combinant différents dispositifs comme l’e-learning et le présentiel est inférieure à 10 % de l’ensemble des actions engagées. Un résultat surprenant aux yeux de Denis Reymond, qui admet que "les entreprises sont loin du compte et qu’elles ont beaucoup de travail à faire". Ces dernières sont toutefois pétries de bonnes intentions : trois quarts des répondants affirment vouloir développer cette modalité dans les années à venir.

Des compétences stratégiques à développer

Dans les 10 années à venir, les responsables formation estiment qu’ils doivent développer des compétences liées à l’évaluation des performances et des niveaux (cité par 51,9 % des sondés), au suivi des évolutions professionnelles (41,7 %) et au reporting sur l’efficience du service rendu (36,1 %). "Des compétences en cohérence avec ce qu’induit la réforme, qui pousse les responsables formation dans une obligation de résultats", estime l’expert de Demos. Et pourtant, la réalité est toute autre : un quart des répondants consacrent plus de la moitié de leur temps à des tâches administratives, au détriment de missions liées à la stratégie de la formation et à la communication. Une part non-négligeable de professionnels potentiellement "en danger", conclut Denis Reymond.

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