Bloomin s’attaque à l’expérience employé


Le lundi 13 mai 2019 | Bien-être au travail
Bloomin s’attaque à l’expérience employé - D.R.

Prendre le pouls des salariés et recueillir leur point de vue sur leur vie dans l’entreprise, tel est le sacerdoce de Bloomin. Via sa plateforme, la start-up tend à les impliquer, tout en dépassant le constat pour favoriser l’action. Un argument qui a conquis ses clients et partenaires historiques, qui lui ont récemment octroyé 1,2 millions d’euros. Les explications de Thomas Le Gac, son co-fondateur. 

Dans quel contexte avez-vous sollicité votre levée de fonds ?

Lorsque nous avons débuté, nous étions dans une démarche pédagogique auprès des entreprises. Aujourd’hui, elles ont compris l’impact du retour des collaborateurs sur leur performance. Elles réalisent que les enquêtes annuelles ne sont pas efficaces, qu’il faut glaner plus d’informations, plus rapidement, pour gagner en réactivité. Toutes sont concernées, et d’autant plus celles qui rencontrent des difficultés à recruter et à fidéliser. L’argent que nous avons levé vise à soutenir cette demande. Si nous sommes 20 actuellement, nous devrions être 30 en fin d’année et 40 d’ici un an. Nous allons recruter des développeurs mais aussi des professionnels du marketing pour promouvoir notre plateforme. Notre ambition est d’enrichir nos données et d’affiner nos algorithmes pour agir de façon plus prédictive. Lorsque les entreprises suivront l’indicateur « expérience collaborateur » au même titre que leurs indicateurs business, notre objectif sera atteint. 

Qu’est-ce qui a motivé la création de votre plateforme ?

En 2016, Randstad nous a sollicité pour développer une application sur-mesure pour «  réenchanter » ses salariés. De cette coopération est née une plateforme qui sonde, analyse et améliore l’expérience collaborateur. Elle les interroge sur tous les moments forts de leur vie dans l’entreprise (recrutement, formation, mobilité, départ…), mais aussi sur différents cas d’usage (politique RH, management, réorganisation…). Nous avons repris les codes des réseaux sociaux, avec des fenêtres d’échange calquées sur WhatsApp. Les questions fermées, ouvertes ou sous forme de QCM sont ponctuelles ou récurrentes. Selon les réponses des salariés, d’autres questions adaptées à la situation et au vocabulaire de l’entreprise sont générées via un arbre de décisions. Les enquêtes peuvent être déclenchées par le système d’information de l’entreprise, selon l’action du collaborateur. Par exemple, s’il remplit ses notes de frais, une question traitant de leur gestion peut apparaître sur son écran. 

Qu’apporte-elle aux entreprises ?

Nous dénombrons une centaine de clients (L’Oréal, Décathlon, Orange, BNP…) : des grands groupes comme des ETI. Pour eux, nos enquêtes visent l’implication des collaborateurs mais aussi l’action. Lorsqu’un salarié y répond, il accède dès lors aux résultats des premiers sondés. En outre, la direction dispose d’un tableau de bord où elle observe l’ensemble des réponses qui, bien qu’anonymes, peuvent être filtrées selon l’âge, le service, le statut du salarié… Les collaborateurs du service commercial trouvent les réunions trop longues ? Elle peut donc décider d’un nouveau plan d’action et relancer une enquête un mois plus tard pour constater les changements. L’outil a également son intérêt lors de réorganisations, pour sonder les salariés mais aussi les rassurer sur d’éventuelles incompréhensions. Certaines entreprises témoignent également de modifications majeures sur leurs modalités de recrutement et notamment sur l’amélioration de leur marque employeur. 

Gérald Dudouet

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