4 conseils pour lutter contre le sexisme au travail


Le mardi 12 février 2019 | Bien-être au travail
4 conseils pour lutter contre le sexisme au travail - D.R.

Gestes déplacés, remarques désobligeantes, blagues grivoises, mépris professionnel… Selon une enquête du Conseil supérieur de l’égalité professionnel, 80 % des femmes se disent régulièrement confrontées à des attitudes ou des décisions sexistes dans le monde du travail. Alors que l’entreprise a le devoir de protéger ses collaborateurs, quelles mesures mettre en place pour lutter contre ces comportements ?

1.      Savoir cerner la notion de sexisme

« La notion de sexisme en entreprise est complexe à appréhender en raison des diverses manifestations dont elle peut prendre la forme et qui peut aller du sexisme ordinaire souvent inconscient de la part de ses auteurs jusqu’au harcèlement sexuel », explique Inès Dauvergne, cofondatrice de Meandyoutoo, une application d’autodiagnostic sur le sexisme en entreprise. La première mission de la fonction RH est donc d’en analyser son spectre. Le sexisme a ainsi fait son entrée dans le Code du Travail en août 2015 via la loi Rebsamen sur le dialogue social : « Nul ne doit subir d’agissement sexiste, défini comme tout agissement lié au sexe d’une personne, ayant pour objet ou pour effet de porter atteinte à sa dignité ou de créer un environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant ou offensant ».  Du simple commentaire sur l’apparence physique ou vestimentaire, au fait de refuser de travailler sous l’autorité d’une personne en raison de son sexe, jusqu’aux propos ou comportements à connotation sexuelle, le champ en matière de sexisme est large.

2.      Communiquer et sensibiliser

Aujourd’hui, l’entreprise ne peut ignorer cette problématique et se doit de l’adresser comme un véritable sujet. Il faut sensibiliser la direction et l’équipe des ressources humaines car ce sont ceux qui vont pouvoir impulser un changement de culture, mais aussi la ligne managériale et l’ensemble des salariés sur les différentes formes que peuvent prendre les agissements sexistes. Tables-rondes, débats, conférences de sensibilisation, communication autour d’un article issu du règlement intérieur… « Mettez en place des groupes de réflexion afin de vérifier si les salariés identifient bien les pratiques sexistes, s’ils n’ont pas tendance à adapter des postures de témoins passifs ou encore s’ils ne sont pas eux-mêmes, de façon consciente ou inconsciente, des acteurs potentiels de ce sexisme », conseille la cofondatrice de Meandyoutoo. L’objectif ? Libérer la parole et faire prendre conscience de la limite de certains types de comportements.

3.      Ne pas opposer les hommes et les femmes

Afin que cette sensibilisation porte ses fruits, il est essentiel de ne pas rentrer dans une opposition entre les hommes et les femmes et de mettre en place une communication mixte. Quel message véhiculer dans cette optique ? « Rappelez que les hommes comme les femmes peuvent être auteurs ou victimes de comportements sexistes et qu’il y a un intérêt pour les deux sexes de lutter contre ce type d’agissement », illustre Inès Dauvergne.

4.      Réagir dès les premiers signaux

Ne laissez pas le sujet sous le tapis par crainte de voir des témoignages remonter. Au contraire, le fait de ne pas réagir est, non seulement, mauvais pour la marque employeur mais également pour la qualité de vie au travail. L’employeur ayant l’obligation d’assurer la protection de ses salariés et le sexisme représentant un risque psycho-social, il est essentiel d’agir en amont pour ne pas à avoir à gérer des actions pénales ou des situations de burn-out ou de conflits larvés. Si dans un premier temps, un simple rappel à l’ordre suffit dans le cadre de sexisme ordinaire, l’entreprise doit envisager des sanctions disciplinaires pour des actes plus hostiles et offensants et aller jusqu’au licenciement dès lors que l’on bascule sur des éléments qui relèvent du harcèlement ou de l’agression sexuelle. « A chaque fois qu’une hiérarchie ne recadre pas un agissement sexiste, l’entreprise risque de voir une augmentation de la violence et la fréquence de ces actes », conclut Inès Dauvergne.

Stéphanie Marpinard

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